
MONTICELLI...
Ce nom, égrené à l'envi dans le quartier, fleure bon l'Italie. Ce pourrait être celui d'un prince florentin de la Renaissance. Il s'agit en fait du patronyme d'un peintre marseillais du XIXe siècle dont les tableaux travaillés au couteau sont baignés de lumière rouge et ocre. Ocre, telle la façade de la villa du même nom, enduite de véritable terre de Sienne. Jean et Colette, propriétaires depuis quinze ans, en ont même retrouvé plusieurs sacs dans le jardin. Il y a des signes contre lesquels on ne peut lutter : cette demeure d'inspiration toscane construite en 1936 ne pouvait être qu'une ode à la douceur de vivre. Chacun peut désormais s'en assurer puisque, depuis le printemps dernier, une belle proportion des trois cents mètres carrés habitables de la villa est consacrée à l'accueil d'hôtes de passage. Et la tentation est grande de s'y installer définitivement, tellement on s'y sent comme chez soi ! Enthousiaste et férue de décoration, Colette a peaufiné le style de chaque pièce, se fiant à ses goûts. Pour la chambre "Frédéric Mistral", tout est parti d'un tissu - un véritable coup de foudre ! - acheté au marché Saint-Pierre à Paris. C'est à partir de ce détail que les murs ont été peints à la chaux orangée et la salle de bains recouverte d'une mosaïque rosé clair. Les meubles blancs et les aquarelles de Gauguin se sont ensuite imposés comme une évidence pour compléter cette atmosphère romantique. « Pour la chambre "Pierre Puget", je voulais quelque chose de différent, d'où le glacis jaune pour les murs, le vert pour le lit et les rideaux, et le côté très épuré de la salle de bains. En général, tout se met en place au fur à mesure, comme les pièces d'un puzzle», confie la maîtresse des lieux. Et pour donner forme à ses envies, Colette n'hésite pas à mettre la main à la pâte ou solliciter son entourage : de vieux meubles de famille ont été retapés et repeints ; coussins, rideaux et plaids sont l'œuvre de Christiane, la sœur « aux doigts de fée ».
CONFRONTER LES STYLES
Dans le salon, le bordeaux enveloppe avec élégance le mobilier en fer forgé. Si, pour cette pièce, un ami décorateur a posé sa patte, l'agencement des objets se fait plus souvent au gré de l'inspiration et des trouvailles. « J'adore chiner dans les brocantes, les salles des ventes ou les endroits improbables. Ce qui m'amuse, c'est de confronter les styles, trouver des astuces qui font souvent beaucoup d'effet », indique Colette. Pour preuve, dans un coin d'une salle de bains immaculée, cette simple carte postale rétro, sobrement encadrée. Ou ces aquarelles accrochées dans le salon, à côté des huiles de sa grand-mère. En fait, des images simplement découpées dans un livre sur Marseille ou dénichées pendant un week-end à Rome. Une marie-louise dans les teintes de la pièce en guise d'encadrement et le tour est joué !
UNE ATMOSPHERE SUBTILE ET RAFFINEE
Et si Colette trouve la plupart de ses idées en Italie, ce n'est pas pour rien. Avec son mari, Jean, elle se sent parfaitement bien dans cette atmosphère subtile et raffinée. Chaque séjour est une nouvelle source d'émerveillement, une mine de découvertes que le couple transpose et adapte à son nid douillet. La terrasse baignée de soleil est ainsi à elle seule une invitation au farniente. C'est sur une table en zelliges que les petits-déjeuners sont servis dès le printemps, dans une lumineuse vaisselle aux teintes jaunes et bordeaux. C'est là aussi que viennent se reposer en fin de journée les hôtes épuisés par leur visite de la cité phocéenne, ravis des conseils avisés de Jean et Colette, tous deux natifs de Marseille. Et pour apprécier tout à fait la situation privilégiée de la villa Monticelli au cœur de la ville, il suffit de grimper au sommet du surprenant escalier Art nouveau et déboucher sur la terrasse-toit. Au-delà de l'îlot de verdure qui entoure la demeure, les plages du Prado toutes proches et au loin Marseilleveyre. Une vue dont Jean aimerait faire bientôt profiter ses hôtes. L'année prochaine, après quelques travaux, le visiteur trouvera ici unjacuzzi, un solarium, des fleurs et des oliviers, sans oublier une immense table, histoire de prolonger le plus longtemps possible autour d'un repas les douces soirées d'été. m Sara Onelli
Si vous aimez la déco de la Villa Monticelli, pourquoi ne pas vous en inspirer pour votre intérieur. Voici notre shopping marseillais, comme si vous y étiez...
- Pour des repas en tête-à-tête, la lumière douce et raffinée de ce photophore devrait vite devenir indispensable. Une atmosphère légèrement romantique pour transformer le plus anodin des plats en mets délicat ! 4,20 €. Exopotamie, 20, rue Montgrand, 13008Marseille.
- Elégante et originale, cette lampe rouge et or créée par Julie Prisca vous accompagnera tout au long de vos soirées. Son éclairage discret mais chaleureux vous poussera peut-être à terminer enfin ce fameux roman commencé depuis des mois. 342 €. Oepieds Décoration .• 29 rue Saint-Jacques, 13006 Marseille.
- Il y a des jours où l'on resterait volontiers à paresser chez soi. Et ce ne sont pas ces coussins soyeux et confortables déclinés dans une multitude de tons et de matières qui vous pousseront à mettre le nez dehors... Entre 23 et 36 €. Madura, 2 rue Paradis, 13006 Marseille.
- Une invitation au voyage impossible à refuser. Avec cette suspension safran en fer forgé d'inspiration marocaine, vous avez déjà travers la Méditerranée. 39 €. La Maison autour du monde, 54, rue Paradis, 13006 Marseille.
- Halte aux petits-déjeuners gris ! Les vacances sont déjà loin mais rien n'empêche de commencer agréablement la journée. Une vaisselle ensoleillée aux couleurs de l'été, à utiliser sans modération pendant toute l'année. Mug jaune : 3,25 €. Assiette jaune : 5,95 €. Bol rouge: 1,99 €. Casa, 2R, rue de Rome, 13001 Marseille


