
Ils découvrent la ville en s'installant chez vous
En une dizaine d'années, le nombre de chambres d'hôtes intra-muros a explosé Une formule de plus en plus prisée, notamment durant les "ponts" du printemps. Ne leur parlez ni du luxe des palaces, ni du charme des petits hôtels, pas plus que du confort des établissements de chaîne. Ceux-là ont fait le choix de ne plus emprunter les circuits bien balisés de l'hôtellerie traditionnelle. Leur bonheur de vacanciers, ils viennent le chercher... chez vous.
Très répandues à la campagne, apparues au début des années 90 à Marseille intra-muros, les chambres d'hôtes remportent les suffrages d'un nombre croissant de touristes. Ce furent "d'abord les Européens du Nord, les Anglo-Saxons habitués de la formule'Bed and Breakfast', dont est hérité le concept des chambres d'hôtes" qui se précipitèrent sur cette poignée d'adresses ; depuis quelques années, les Français s'y mettent aussi.
Pas de concurrence déloyale
Du coup, l'offre a explosé : "Nous comptons aujourd'hui une centaine de chambres à Marseille, explique Dominique Fenolio, responsable de l'accueil à l'office de tourisme. La formule plaît beaucoup aux gens qui ont l'habitude de voyager en indépendants et qui n 'ont pas envie de se retrouver entre touristes. " A 80€ en moyenne la nuit (petit déjeuner compris), la formule ne s'avère en tout cas pas plus économique que l'hôtel. Et toutes les chambres d'hôtes ne sont pas nichées dans des villas de rêve sur la Corniche, loin de là : la maison coquette près de la place Castellane, la villa moderne à La Treille, l'appartement au Corbu'ou à un saut de puce de La Canebière marchent aussi très bien !
Alors, qu'est-ce que les touristes viennent chercher ? "L'hospitalité, le sens de l'accueil", tente Dominique Fenolio, une rencontre plus personnelle "avec les autochtones", "et sou-
Pour ouvrir sa maison au monde, pas besoin de vivre dans un château : un peu de goût et un vrai sens de l'hospitalité suffisent. Svent, c'est vrai, une vue sur mer". Mais pas question de marcher sur les plates-bandes des hôteliers : "Les chambres d'hôtes sont loin de leur faire de l'ombre, assure l'office de tourisme. Ne serait-ce que parce que les uns et les autres attirent des clientèles très différentes !" Pour éviter une concurrence déloyale, les particuliers ne peuvent de toute façon proposer plus de 5 chambres à la location.
En revanche, difficile de savoir avec précision si tout le monde joue toujours le jeu : si l'office de tourisme, qui aiguille volontiers les touristes intéressés vers son listing d'adresses "essaie de toutes les visiter au moins une fois par an", elles ne font pas l'objet d'un classement officiel (mêmes si certaines ont rejoint le label national Fleurs de soleil) comme les hôtels. "Mais dans ce tout petit milieu, si vous faites n'importe quoi, vos amis mais néanmoins concurrents le savent et le font savoir", sourit un professionnel du tourisme... Ce qui vaut tous les contrôles du monde !
Devine qui vient dormir...
— Vous disposez d'au moins une belle chambre libre à la maison, vous avez un super sens de l'hospitalité et l'aventure de Jean et Colette Paranque vous tente ? C'est possible si vous habitez à proximité d'un quartier touristique, que vous disposez d'un extérieur (du balcon au jardin) et que vous garantissez la sécurité de vos futurs clients (assurance obligatoire). L'immatriculation et la déclaration ne sont nécessaires que si la location de chambres est votre activité principale ou que vous louez plus de cinq chambres. Les tarifs sont déterminés librement et doivent inclure le petit-déjeuner. Côté fiscalité : vous êtes exonérés si le montant des loyers perçus ne dépasse pas 760€ bruts par an ; au-delà, les contribuables sont imposables sur la totalité des produits nets retirés de la location.
